
Dans la trachée d'Aremberg, Stijn Devolder prend la tête avant de céder la place à Johan van Summeren qui sortira en tête de la tranchée devant Tom Boonen. Avec le retour de Flecha et Pozzato après 30km de chasse, ils sont une quarantaine dans le peloton.
A 53 km de l'arrivée, Johan Van Summeren attaque tandis qu'au même moment George Hincapie est victime d'une crevaison. Van Summeren sera rejoint par 7 hommes : son équipier Leif Hoste, Tom Boonen et Stijn Devolder pour la Quick Step, Fabian Cancellara et Stuart O'Grady pour Csc, Alessandro Ballan (Lampre) et Martijn Maaskant (Slipstream).
Au tronçon de Mons-en-Pévèle, c'est ensuite au tour de Devolder et O'Grady d'attaquer après un bel effort de Van Summeren puis de Hoste, ils seront repris.
A 34km, Boonen attaque suivi de Cancellara et Ballan. Le trio s'envole vers la victoire. Malgré une accélération sur les pavés de Cancellara, les 3 hommes ne se quittent pas et entrent ensemble sur le vélodrome. Au sprint, Tom Boonen bat facilement Cancellara et Ballan.
Avec cette victoire, la 6ème de la saison, Boonen répond aux critiques. Avec la victoire de Devolder au Tour des Flandres et de Boonen à Roubaix, l'équipe Quick Step à toutes les raisons de sourire. De plus sur Paris-Roubaix, c'est la 9ème victoire des hommes de Lefevere en 14 ans tandis que Tom Boonen entre pour la 6ème fois en 7 participations dans le Top10.
Vidéo : Résumé de la course

Boonen : "Je pense que j'étais le plus frais pour le sprint. Je tenais à entrer dans le vélodrome en dernière position. Dans la ligne droite, je n'ai pas regardé derrière. Quand je ne gagne pas, on dit tout de suite que je suis moins fort. Mais je fais tout pour gagner les grandes courses, Milan-Sanremo, le Tour des Flandres, Paris-Roubaix. Au total, j'en suis déjà à six victoires. Combien de coureurs dans le peloton peuvent en dire autant ?. En 2005, je gagne Paris-Roubaix une semaine après le Tour des Flandres. Mais aujourd'hui, l'explosion de joie à l'arrivée est plus forte encore qu'en 2005 parce que ça faisait bien longtemps que je n'avais pas gagné une course de cet acabit. J'ai toujours soutenu qu'on ne pouvait pas gagner chaque année ces grandes épreuves. D'ailleurs, si c'était le cas, il n'y aurait plus d'intérêt à faire la course. Il faut simplement être patient, attendre son moment et, quand il vient, tâcher d'en profiter pleinement. Au Tour des Flandres, les circonstances ne m'avaient pas été favorables. Devolder a pris sa chance et je l'ai couvert du mieux que je le pouvais. Je savais que j'avais aussi les jambes pour gagner, ce jour-là. Ce dimanche, Stijn m'a renvoyé l'ascenseur en préparant superbement le terrain. Ses deux attaques ont fait très mal à mes adversaires et ont surtout complètement désarçonné et démantelé l'équipe Silence-Lotto. Après je n'ai plus eu qu'à finir le travail."
Cancellara : "C'est plus que bien. La victoire à Milan-Sanremo, la deuxième place à Paris-Roubaix. C'était un rêve de tout gagner avec aussi le Tour des Flandres. Gagner l'une de ces classiques, c'est déjà pas facile."
Devolder : "J'ai d'abord attaqué à Mons-en-Pévèle et ensuite encore une fois avec O'Grady. Comme il y a huit jours, les autres étaient alors dans l'obligation de travailler derrière nous. Mais je ne voulais pas prendre de risque en partant avec lui. Je reviendrai dans le futur pour gagner cette course, je le peux. Mais, d'abord, je vais fêter cette formidable semaine, où nous avons répondu à toutes les critiques de manière définitive. Personnellement, mais aussi les autres dans l'équipe, nous n'avons jamais douté"
Hoste : "Nous avons pris nos responsabilités, l'équipe a été super, même si Tjallingii était malade. Bien sûr, Van Avermaet est tombé et moi j'ai crevé après Arenberg, mais ce n'est pas une excuse, on est rentré très vite. Van Summeren a ensuite durci la course, mais nous avons dû travailler quand Devolder et O'Grady sont partis. Ça a peut-être joué ensuite, quand Tom a attaqué. Il m'a manqué 5 mètres. Je venais d'effectuer pas mal d'efforts et je cherchais mon deuxième souffle. J'aurais pu être avec eux, mais je dois être honnête, j'étais un petit peu court. La semaine passée, au Tour des Flandres, j'ai été battu sur malchance, n'oubliez pas aussi que je suis tombé à La Panne, mais aujourd'hui, j'étais un poil trop juste. Je dois reconnaître que j'ai vite vu que Tom était dans un grand jour, c'était le Boonen d'il y a deux ans. Depuis Tirreno, tout le monde disait qu'il n'était pas bien, mais il était là. Je l'ai dit aussi, je le reconnais, mais je n'ai fait que répéter ce que tout le monde affirmait ."
Lefevere : "Je suis fier de mon coureur, disait-il. J'ai envie de rire et de pleurer en même temps mais je suis avant tout heureux pour Tom. Cela n'arrive nulle part ailleurs que dans notre pays qu'un champion de sa classe soit critiqué à ce point. Il a gagné et c'est le principal. Stijn Devolder a encore été admirable aujourd'hui. J'ai juste eu un peu peur quand il est parti avec O'Grady, un sprinter et pistier. Là, on a vraiment dû le freiner !"

Classement
1. Tom BOONEN
2. Fabian Cancellara (Sui) à 1''
3. Alessandro Ballan (Ita)
4. Martijn Maaskant (Ned) à 3'39''
5. Stuart O'Grady (Aus) à 3'57''
6. Leif HOSTE
7. Stijn DEVOLDER à 3'59''
8. Johan VAN SUMMEREN à 4'35''
9. George Hincapie (USA) à 5'12''
10. Fabio Baldato (Ita)
14. Wim DE VOCHT
15. Staf SCHEIRLINCKX
21. Nick NUYENS à 7'18''
24. Wouter WEYLANDT
27. Greg VAN AVERMAET à 7'20''



